Fil d'actu
Pour les pros
Renouvelables
22-06-2026
La petite hydroélectricité entre dans une phase charnière. Un dernier appel d’offres est attendu d’ici fin juillet dans le cadre de la PPE2, tandis que les dispositifs de soutien de la PPE3 sont en préparation à la Direction générale de l’énergie et du climat.
En ligne de mire : l’intégration des nouvelles réalités du marché, à commencer par les épisodes de prix négatifs de l’électricité. Ces derniers imposent désormais aux centrales renouvelables de s’arrêter temporairement, une contrainte technique qui suscite des inquiétudes dans la filière hydraulique.
Plusieurs ajustements sont à l’étude, notamment sur le calcul du complément de rémunération et les cahiers des charges des appels d’offres. Mais les marges de manœuvre restent limitées, entre contraintes budgétaires et cadre européen.
Les futurs dispositifs devraient aussi intégrer, à terme, le stockage et l’autoconsommation collective, encore peu développés dans l’hydroélectricité.
Réglementations
19-06-2026
Le Gouvernement soumet à consultation publique la version finale de la SNBC 3 jusqu’au 5 juillet, avant une publication du décret attendue dans la foulée. Si les objectifs climatiques restent inchangés, le texte précise les leviers de décarbonation, dominés par l’électrification, et intègre désormais une évaluation des gains économiques pour les ménages. En cas de hausse des prix de l’énergie, la stratégie pourrait réduire les factures d’environ 20 % à horizon 2030. Malgré des hypothèses mieux documentées, notamment sur la biomasse et les émissions importées, plusieurs points restent critiqués, en particulier le niveau jugé insuffisant des efforts de sobriété.
Renouvelables
18-06-2026
La Commission de régulation de l’énergie s’apprête à lancer un appel d’offres inédit pour l’éolien en mer, visant près de 10 GW de nouvelles capacités d’ici 2035. Réparti sur plusieurs façades maritimes, ce programme marque un changement d’échelle pour la filière, avec un équilibre entre éolien posé et flottant.
Inscrit dans la trajectoire de la PPE3, il doit contribuer à porter la puissance installée à 15 GW en 2035. Le dispositif intègre aussi des critères industriels et des mécanismes économiques pour maîtriser les coûts et soutenir la production au moment le plus pertinent.
Renouvelables
17-06-2026
Le Syndicat des énergies renouvelables a alerté sur la situation « grave » de la filière photovoltaïque lors de son colloque du 9 juin à Strasbourg. En cause : un manque de visibilité après l’été 2026 et une réduction des dispositifs de soutien, notamment pour les installations de petite et moyenne puissance.
Les professionnels dénoncent une contradiction entre les besoins croissants en électricité (tirés notamment par les data centers) et un ralentissement des politiques de soutien. Plusieurs signaux inquiètent : baisse des appels d’offres, réforme du tarif S21 jugée dissuasive, et incertitudes réglementaires.
Malgré une dynamique récente (près de 32 GW installés et 6 % du mix en 2025), la filière redoute un coup d’arrêt. Elle appelle à accélérer le déploiement du solaire, notamment via des projets couplés au stockage, et demande des clarifications rapides de la part des pouvoirs publics.
Énergie
16-06-2026
Le Médiateur national de l’énergie a publié le 2 juin son rapport annuel 2025, marqué par une « fragile accalmie » après la crise des prix. Les litiges reculent de 5 % (28 071 dossiers) et les saisines de médiation de 10 %, avec un délai de traitement ramené à 86 jours. Au total, plus de 10,5 millions d’euros ont été restitués aux consommateurs.
Malgré cette amélioration, le médiateur pointe de « nouveaux points de vigilance », notamment une hausse de certains litiges liés aux réseaux et une complexité croissante des dossiers.
Il formule également plusieurs recommandations pour mieux protéger les consommateurs, notamment sur la fourniture de GNL et l’encadrement de l’autoconsommation, afin d’améliorer la transparence et prévenir les litiges.
Climat
15-06-2026
Dans un nouveau rapport, l’Institut universitaire des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé tire la sonnette d’alarme sur le coût environnemental de l’intelligence artificielle. Les centres de données ont consommé 448 TWh d’électricité en 2025 et pourraient atteindre 945 TWh d’ici 2030, générant 399 millions de tonnes de CO₂. Leur consommation d’eau pourrait quant à elle équivaloir aux besoins essentiels annuels de toute la population d’Afrique subsaharienne.
L’ONU appelle les entreprises du secteur à publier leurs données d’impact et recommande aux gouvernements d’exiger des rapports environnementaux normalisés. Le rapport souligne par ailleurs que si les centres de données se concentrent dans les pays développés, ce sont les pays du Sud qui supportent les coûts environnementaux liés à l’extraction minière et au traitement des déchets.
Dispositifs
12-06-2026
Créé en 2023 pour accompagner les collectivités dans leur adaptation au changement climatique, le Fonds vert voit ses dotations fondre d’année en année : 2 milliards d’euros lors de son lancement, 1,6 milliard en 2024, 1,15 milliard en 2025, et seulement 837 millions en 2026. Une trajectoire à rebours des besoins, alors que Bercy vient d’annoncer 275 millions d’euros supplémentaires annulés ou gelés au titre de l’écologie.
Le fonds a pourtant financé 25 000 projets depuis sa création, dont un tiers concernant l’adaptation des établissements scolaires. Mais pour l’AMF, l’aide reste « pas à l’échelle » face à des besoins estimés à 40 milliards d’euros. Les récents épisodes de chaleur extrême
Énergie
11-06-2026
Le printemps rime désormais en France avec surabondance d’électricité : parc nucléaire rétabli, barrages pleins et production solaire en hausse se conjuguent pour faire plonger les prix régulièrement sous zéro. Mais le vrai risque est ailleurs : la déconnexion brutale de nombreuses centrales en cas de prix nuls peut provoquer de brusques oscillations de tension, à l’image du blackout ibérique d’avril 2025.
Face à ce risque, RTE a obtenu l’obligation pour les producteurs renouvelables de plus de 10 MW de participer au mécanisme d’ajustement et de transmettre des prévisions précises. Depuis le 1er mai, un arrêté impose également l’échelonnement des arrêts des centrales EnR sous complément de rémunération lors des épisodes de prix nuls ou négatifs. EDF OA peut désormais contraindre les centrales solaires sous obligation d’achat à cesser de produire si nécessaire.
Côté demande, l’exécutif mise sur l’électrification des usages et le déplacement des heures creuses vers l’après-midi pour absorber les surplus. Un appel d’offres intégrant une franchise d’heures négatives est également envisagé pour encourager le développement du stockage.
Renouvelables
10-06-2026
La commission mixte paritaire a validé le 2 juin la proposition de loi sur l’hydroélectricité, ouvrant la voie à son adoption définitive attendue les 16 et 17 juin.
Le texte vise à relancer les investissements et à sécuriser le cadre des concessions, tout en répondant aux tensions avec la Commission européenne. Il prévoit notamment qu’EDF mette aux enchères 6 GW par an à un prix de réserve tenant compte des coûts de production.
S’ouvrira ensuite la constitution d’une commission indépendante chargée d’évaluer les indemnités de résiliation des concessions d’EDF Hydro (20,8 GW) et de la Shem-Engie (600 MW), un exercice délicat qui pourrait durer un an. La Commission européenne examine en parallèle la compatibilité du texte avec l’accord conclu entre Paris et Bruxelles, en vue de lever les précontentieux sur la concurrence des barrages français.
Énergie
09-06-2026
Selon un rapport du Global Energy Monitor, la consommation mondiale de charbon a reculé de 0,6 % en 2025, après avoir atteint un niveau record de 8,85 milliards de tonnes. Un signal encourageant, porté notamment par la montée en puissance des énergies renouvelables en Chine et en Inde, où la consommation a respectivement baissé de 1,2 % et 3 % malgré une forte croissance démographique et économique.
Paradoxalement, la capacité de production à partir du charbon a progressé de 3,5 % sur la même période, tirée à 95 % par ces deux pays. Aux États-Unis, la production électrique issue du charbon a bondi de plus de 80 TWh en un an, sous l’effet d’une politique gouvernementale favorable au combustible. Par ailleurs, près de 70 % des centrales devant fermer sont finalement restées en service à l’échelle mondiale.
Électricité
08-06-2026
En marge du sommet « équipe de France de l’électricité » organisé par Emmanuel Macron à l’Élysée, le Serce, syndicat regroupant 260 entreprises et 140 000 salariés du secteur, s’est engagé à embaucher 12 000 personnes et 3 000 apprentis par an à partir de 2026, sur l’ensemble du territoire.
L’objectif est d’accompagner le plan d’électrification du gouvernement, qui vise à porter la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie de 27 % aujourd’hui à 34 % en 2030 et 38 % en 2035. Pour alimenter ces recrutements, le secteur a mis à disposition de 150 lycées professionnels des équipements spécialisés en haute tension et grande puissance.
Dispositifs
05-06-2026
La CRE a publié le cahier des charges de la nouvelle période de l’appel d’offres photovoltaïque simplifié 100-500 kWc, rebaptisé « PPE2 Petit PV ». Principal changement : le dispositif s’ouvre aux installations au sol, en plus des projets sur bâtiment et ombrière, une évolution qui suscite des réserves dans la filière, les centrales au sol bénéficiant de coûts d’investissement généralement plus faibles.
Le cahier des charges introduit également des critères de résilience de la chaîne d’approvisionnement, avec obligation de justifier l’origine des modules, cellules et onduleurs. Le mécanisme de complément de rémunération intègre par ailleurs la part d’électricité valorisée en autoconsommation. Le volume mis en concurrence est porté à 288 MWc (contre 192 MWc lors de la première session), avec un prix plafond fixé à 95 €/MWh. Les candidatures sont ouvertes du 20 au 31 juillet 2026.
Réglementations
04-06-2026
Publiés au Journal officiel du 30 mai 2026, un décret et son arrêté d’application définissent les conditions d’agrément des pompes à chaleur (PAC) individuelles assemblées dans l’Espace économique européen pour bénéficier de bonifications au titre des certificats d’économies d’énergie (CEE). Sont visées les PAC de type air/eau, eau/eau et sol/eau.
L’Ademe instruira les demandes via une nouvelle plateforme nationale. Pour les logements existants, la bonification sera multipliée par cinq à compter du 1er septembre 2026. Les modèles éligibles devront disposer d’un label de qualité reconnu et satisfaire à des exigences d’assemblage sur le territoire européen. Un agrément transitoire est prévu pour les fabricants s’engageant à atteindre ces conditions sous deux ans.
Ces textes s’inscrivent dans le plan d’électrification des usages du gouvernement, qui instaure une préférence européenne pour soutenir la filière.
Transition énergie
03-06-2026
La région Île-de-France lance un plan énergie de 850 millions d’euros sur trois ans pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles et faire face à la crise énergétique.
Le dispositif prévoit notamment 460 M€ dédiés aux économies d’énergie, avec un soutien accru aux communes pour la rénovation des bâtiments publics, l’éclairage ou encore le développement de la géothermie et du solaire thermique.
La région vise aussi une réduction de 50 % de la consommation énergétique des lycées d’ici 2030, ainsi qu’un renforcement des aides à la rénovation des copropriétés et à la production d’énergies renouvelables, dont la méthanisation.
Objectif : privilégier des investissements durables pour produire et économiser l’énergie, plutôt que des aides ponctuelles.
Électricité
02-06-2026
Un groupe de travail piloté par Iliad et France Datacenter propose 24 mesures pour faciliter l’électrification du numérique, avec un focus sur le raccordement des data centers.
À court terme, les acteurs recommandent d’accélérer les procédures administratives, de réduire certains coûts (dont le Turpe) et de mutualiser les investissements sur les réseaux. Le recours au « piquage », permettant un raccordement temporaire, est déjà en place.
À plus long terme, l’enjeu porte sur le désengorgement des files d’attente et une meilleure visibilité des capacités du réseau. Des pistes comme l’extension du « fast track » ou le développement de solutions nucléaires sont également évoquées.
Le but étant de lever les freins au développement rapide des infrastructures numériques, très consommatrices d’électricité.
Transition énergie
01-06-2026
Une majorité de dirigeants de très petites et moyennes entreprises estime ne pas être suffisamment soutenue dans leur transition écologique, selon un sondage OpinionWay.
Si 83 % d’entre eux jugent cet enjeu incontournable et que la plupart ont déjà engagé des actions, 7 sur 10 déclarent manquer d’accompagnement pour aller plus loin.
Les principaux freins identifiés sont le coût des transformations, la complexité réglementaire et le contexte économique. Ces difficultés sont accentuées par la hausse des prix de l’énergie et les tensions économiques.
Résultat : malgré une volonté réelle d’agir, les petites structures peinent à accélérer leur transition, faute de moyens, de visibilité et de soutien adapté.
Renouvelables
29-05-2026
La DGEC entend conserver une répartition ex-ante de l’électricité dans les opérations d’autoconsommation collective, malgré l’opposition de la filière solaire.
L’objectif est de limiter les effets d’aubaine liés à la revente après connaissance des prix, en fléchant en priorité l’électricité vers les participants. Mais les acteurs du secteur alertent sur un risque de fragilisation du modèle économique, fondé sur un équilibre entre autoconsommation et revente des surplus.
Le projet prévoit aussi un « bandeau » de consommation fixé à l’avance, mais jugé trop rigide car potentiellement figé sur huit ans et peu adaptable aux évolutions des projets.
Face à cette position jugée inflexible, la filière n’exclut pas des recours, notamment contre la rétroactivité envisagée.
Renouvelables
28-05-2026
Selon un nouveau rapport de l’IRENA, les systèmes combinant solaire photovoltaïque et batteries permettent désormais de produire une électricité pilotable à un coût compris entre 48 et 73 €/MWh dans les zones les plus favorables.
Ce niveau les rend compétitifs face aux nouvelles centrales fossiles, notamment le charbon (62–76 €/MWh en Chine) et le gaz (souvent au-delà de 88 €/MWh).
La forte baisse des coûts explique cette évolution : depuis 2010, les prix du solaire ont chuté de 87 %, ceux de l’éolien de 55 % et ceux des batteries de 93 %.
L’IRENA souligne aussi que ces systèmes hybrides peuvent fournir une électricité plus stable en adaptant la production aux besoins du réseau, tout en réduisant les coûts liés à l’intermittence.
Flexibilité
27-05-2026
La CRE lance une expérimentation de tarifs réglementés d’électricité plus flexibles pour inciter les petits consommateurs à adapter leurs usages selon les besoins du réseau.
Menée entre octobre 2026 et octobre 2027 sur 6 600 clients, elle repose sur des variations de prix selon les heures et les saisons : surcoûts en pointe hivernale et tarifs réduits lors des périodes de forte production, notamment l’été en milieu de journée.
Deux grilles tarifaires seront testées face à un groupe témoin au tarif classique. L’objectif est d’évaluer la capacité des ménages à déplacer leur consommation en réponse à ces signaux.
Sans risque pour les participants : une régularisation garantira qu’aucun client ne paie plus que le tarif de base.
Transition énergie
26-05-2026
Au second semestre 2025, la consommation d’électricité en Guadeloupe recule légèrement de 1 % par rapport à 2024, selon l’Observatoire régional de l’énergie et du climat (OREC).
Dans le même temps, les énergies renouvelables progressent fortement (+20 %) et représentent désormais 32 % du mix électrique, principalement grâce au photovoltaïque et à la biomasse. La géothermie recule toutefois en production.
Cette évolution est attribuée à des températures plus douces, une activité touristique stable et une baisse des tarifs de l’électricité. Elle s’inscrit dans la trajectoire de la programmation pluriannuelle de l’énergie.
Côté transports, la consommation de carburants diminue aussi, malgré un recul des ventes de véhicules électriques.