10-03-2026
Énergies renouvelables : un nouveau pilier budgétaire pour les territoires ?
C’est la nouvelle phare de ce début d’année : en 2025, la France a enregistré le solde exportateur net le plus élevé de son histoire avec 92 TWh. Après une année 2024 déjà exceptionnelle (89 TWh), l’Hexagone confirme sa place de premier exportateur d’électricité du continent.
Ce succès repose sur deux piliers :
L’impact est double : non seulement cela a permis de réduire la facture énergétique nationale de près de 5 milliards d’euros, mais cela a surtout aidé nos voisins à faire reculer leur production à partir de charbon et de gaz, faisant baisser les émissions de CO2 à l’échelle européenne.
La France conserve l’un des mix énergétiques les plus propres au monde. En 2025, 95 % de notre électricité a été produite à partir de filières bas-carbone. À titre de comparaison, plus de 70 % de l’électricité produite en Europe est désormais décarbonée.
Un effet sur le DPE en 2026
Pour valoriser enfin cette électricité propre, le coefficient de conversion de l’électricité dans le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) a été ajusté. Cette évolution réglementaire permet de mieux refléter la réalité d’un réseau qui s’appuie massivement sur le nucléaire et les renouvelables pour chauffer nos foyers sans peser sur le climat.
L’année 2025 a été celle de tous les records pour les EnR. Le solaire, dont la croissance est jugée « insolente » par certains et « nécessaire » par d’autres, a représenté plus de 73 % des nouvelles capacités installées à fin 2025. Le raccordement photovoltaïque a atteint des rythmes de 4 à 5 GW par an.
Côté mer, le vent tourne aussi en faveur des renouvelables ! La mise en service complète de parcs offshore majeurs, comme celui de Saint-Brieuc et Fécamp en 2024, est complétée par la construction en cours du parc de Yeu-Noirmoutier. Ces installations géantes apportent une nouvelle forme de stabilité au réseau national.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation mondiale d’or noir devrait progresser plus fortement en 2026 qu’en 2025, avec une augmentation estimée à 930 000 barils par jour. Cette dynamique, portée par l’apaisement des tensions économiques mondiales et par des prix du pétrole en recul, illustre la persistance de notre dépendance aux énergies fossiles. La demande atteindrait ainsi 105 millions de barils par jour en 2026, une croissance entièrement tirée par les pays non-membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans le même temps, l’offre mondiale resterait largement excédentaire, creusant un surplus estimé à 3,7 millions de barils par jour.
Si ce déséquilibre contribue à maintenir des prix bas, il envoie un signal contradictoire face aux objectifs climatiques : tant que le pétrole reste abondant et bon marché, l’électrification des usages et la sortie des fossiles peinent à s’accélérer. Un paradoxe qui résume l’un des grands défis énergétiques de 2026.
C’est le point noir du bilan : malgré nos efforts d’électrification, la consommation électrique française reste désespérément stable à environ 449 TWh en 2025. Elle demeure inférieure de 6 % aux niveaux d’avant-crise Covid (2014-2019).
Pourquoi cette situation pose-t-elle problème ? Atteindre la neutralité carbone suppose de faire de l’électricité le pilier de notre mix énergétique, en remplaçant massivement les usages fossiles. Certes, la part de l’électricité augmente à mesure que le pétrole et le gaz reculent. Mais, dans les faits, la consommation totale d’électricité reste quasi stable. Cette stagnation ne traduit pas un échec, mais une phase transitoire : les gains d’efficacité énergétique et les efforts de sobriété compensent encore l’essor des nouveaux usages électriques, comme les véhicules électriques ou les pompes à chaleur. Le véritable enjeu, en 2026, est ailleurs : l’électrification de l’industrie et des usages lourds n’a pas encore atteint le rythme nécessaire pour engager la trajectoire de décarbonation attendue à l’horizon 2030.
Face à ce constat, le nouveau bilan prévisionnel 2025-2035 de RTE intègre désormais deux scénarios de consommation pour s’adapter à la réalité du terrain : une trajectoire de « décarbonation rapide » (visant 510 TWh dès 2030) pour respecter nos objectifs climatiques, et une trajectoire de « décarbonation lente » qui, tout en actant une hausse par rapport au niveau actuel, plafonnerait à 470 TWh à l’horizon 2030.
Si l’Europe a lancé le Net-Zero Industry Act (NZIA) pour booster sa souveraineté, la concurrence internationale, notamment chinoise et américaine, reste féroce. Les coûts de production sur le Vieux Continent, bien que stabilisés, restent un frein pour relocaliser massivement les usines de batteries ou de panneaux solaires face à des partenaires dopés à l’énergie peu chère.
C’est le paradoxe de l’abondance : nous avons parfois trop d’électricité quand nous n’en avons pas besoin. En 2025, les épisodes de prix négatifs ont explosé en atteignant 513 heures.
Toutefois, des solutions existent : la flexibilité de la production renouvelable, des moyens de stockage et de la consommation, le pilotage des centrales EnR et l’adaptation des infrastructures permettent de transformer cette abondance ponctuelle en véritable atout pour la transition énergétique.
Nous entrons officiellement dans une période d’abondance transitoire qui devrait durer environ trois ans. Grâce à la disponibilité retrouvée du nucléaire et au déploiement des EnR, la France dispose de marges de sécurité importantes (8 à 10 GW pour les pointes hivernales).
Le bilan 2025 confirme que la France dispose de solides atouts pour réussir sa transition énergétique. Les records d’exportation témoignent de la robustesse du système et du savoir-faire national. Mais le véritable test reste à venir : la montée en puissance de la consommation électrique industrielle. C’est elle qui dira si l’électrification permet réellement de décarboner l’économie. Une chose est sûre : les choix faits aujourd’hui pèseront durablement sur notre trajectoire climatique.
Décryptage
Nous soutenons
le développement
des énergies faciles.
Optimisme
Nous parlons d’énergie
dans un climat
de confiance.
Prise de conscience
Nous fournissons
matière à réflexion
sans prise de tête.
Votre horoscope survolté
🐏 Bélier - La Lune fait barrage à vos projets. En revanche, Vénus apporte de l’eau à votre moulin.
🐂 Taureau - Vous êtes sur le point de péter les plombs. Contactez au plus vite un technicien Enedis.
👨🏻🤝👨🏽 Gémeaux - Le Soleil vous tourne le dos. Coup dur pour votre installation photovoltaïque.
🦀 Cancer - Rappelez-vous que l’énergie la moins chère, c’est celle qui coûte le moins d’argent. Consommez moins !
🦁 Lion - Vous subissez Mercure, qui n’arrête pas de grimper. Cela vous donne froid dans le dos.
👧 Vierge - Arrêtez de courir après des idées lumineuses, au risque d’attraper des ampoules.
⚖ Balance - Rechargez vos batteries. Privilégiez un week-end romantique ou une prise 220 volts.
🦂 Scorpion - Parce que vous devenez un piètre conducteur, le courant ne passe plus avec votre moitié.
🏹 Sagittaire - À force de jouer les électrons libres, vous risquez de passer pour un illuminé.
🐐 Capricorne - Grâce à un alignement de Neptune et Linky, vous débordez d’énergie !
🏺 Verseau - Vous subissez une coupure de courant à 12h34. C’est encore la faute du sèche-linge.
🐟 Poissons - Rien ne va plus côté couple : il y a de l’eau dans le gaz et de l’électricité dans l’air.