23-06-2026
Net-Zero Industry Act : le réveil de l’industrie européenne en 2026
Chargée de communication
Vous l’avez peut-être entendu dire : l’Europe veut devenir le premier continent neutre en carbone d'ici 2050 via son Pacte vert pour l'Europe (ou Green Deal européen). Mais comment y parvenir si nous importons l'essentiel de nos panneaux solaires et de nos batteries ? C'est tout l'enjeu du Net Zero Industry Act (NZIA). Ce règlement ambitieux, dont les règles les plus fortes s'appliquent en ce début d'année 2026, est une véritable révolution pour notre souveraineté énergétique européenne. Découvrez comment l’Union européenne compte transformer ses promesses climatiques en emplois industriels "Made in Europe" !
C’est quoi le NZIA ? Une définition pour y voir clair
Le Net Zero Industry Act (NZIA) est un cadre réglementaire européen conçu pour doper la fabrication des technologies nécessaires à la décarbonation. Son objectif est simple mais monumental : l’Union européenne (UE) doit être capable de produire, sur son propre sol, au moins 40 % de ses besoins annuels en technologies « zéro net » d’ici à 2030.
L’enjeu est de taille : il s’agit de réduire nos dépendances stratégiques vis-à-vis de pays tiers, tout en renforçant la compétitivité industrielle de l’Europe. Le règlement cible 19 technologies clés, parmi lesquelles :
- le solaire photovoltaïque et thermique,
- l’éolien (terrestre et en mer),
- les batteries et les solutions de stockage,
- les pompes à chaleur et la géothermie,
- et l’hydrogène (électrolyseurs et piles à combustible).
Le saviez-vous ?
Le terme « Zéro net » désigne l’équilibre parfait entre la quantité de gaz à effet de serre produite et la quantité éliminée de l’atmosphère.
État d’avancement : où en sommes-nous début 2026 ?
Le règlement NZIA a été publié officiellement en juin 2024. Si la majeure partie du texte s’applique depuis le 29 juin 2024, certaines dispositions cruciales concernant l’accès aux marchés n’ont été effectives qu’à partir de la fin de l’année 2025.
En ce début d’année 2026, nous avons franchi deux étapes cruciales :
- La désignation des « Projets Stratégiques » : les premiers sites industriels européens ont reçu ce label. Ils bénéficient désormais d’un statut de « priorité nationale » pour accélérer leur construction.
- La mise en place des guichets uniques : chaque État membre a désormais ouvert son « Point de contact unique » pour les investisseurs, centralisant toutes les démarches administratives pour éviter le parcours du combattant bureaucratique.
Actuellement, l’Europe met en place les outils de gouvernance, comme la plateforme « Europe zéro net » , qui réunit la Commission et les États membres pour coordonner les actions.
Les nouvelles règles qui changent la donne
Cette année marque un tournant, car les intentions deviennent des obligations contractuelles. Depuis le début de l’année, les règles du jeu ont changé pour les appels d’offres et les marchés publics liés aux énergies renouvelables.
La fin du « prix seul » dans les marchés publics
Le prix ne sera plus le seul critère de sélection : les autorités publiques et les acteurs de l’énergie ne peuvent plus choisir un fournisseur uniquement sur le critère du prix le plus bas pour les technologies net-zéro. Des critères non tarifaires (ou critères hors prix) pour favoriser la qualité et la provenance européenne ont été intégrés :
- La durabilité environnementale : empreinte carbone, efficacité énergétique, respect de la biodiversité.
- La résilience : si plus de 50 % d’une technologie provient d’un seul pays tiers (hors UE), l’offre peut être pénalisée, voire écartée. C’est une barrière directe contre les importations massives à bas coûts qui étouffaient les fabricants européens. Ce critère impose de diversifier les sources d’approvisionnement.
- La cybersécurité et la conduite responsable : garantir la sécurité des données et des pratiques éthiques.
Le seuil des 30 % : ces nouveaux critères devront s’appliquer à au moins 30 % des volumes d’enchères annuels par pays (ou au moins 6 GW par an). C’est une garantie de demande pour les fabricants locaux !
Le « Fast-Track » administratif
En 2026, construire une usine de batteries ou d’électrolyseurs en Europe ne doit plus prendre une décennie. Les délais d’octroi de permis sont désormais strictement plafonnés :
- 12 mois pour les petits projets (moins de 1 GW).
- 18 mois pour les projets stratégiques de grande ampleur.
Une opportunité historique pour le « Made in Europe »
Pour vous, professionnels et acteurs de l’énergie, le NZIA n’est pas qu’une contrainte, c’est une chance inédite de valoriser le savoir-faire européen.
- Sécurité juridique et rapidité : le cadre est clair pour les 10 prochaines années et les démarches sont simplifiées. Cela peut rassurer les banquiers et les investisseurs qui hésitent à financer des usines européennes face à la concurrence mondiale.
- Compétitivité accrue : la création de vallées d’accélération « zéro net » permettra de regrouper les industries sur certains territoires pour créer des synergies et attirer les investissements.
- Valorisation du local : fabriquer en Europe devient un argument de vente décisif dans les appels d’offres. Les entreprises qui font l’effort de la relocalisation voient leur carnet de commandes sécurisé par les nouvelles règles d’achat public. En Italie, par exemple, le crédit d’impôt « Transizione 5.0 » peut atteindre 150 % pour les projets utilisant des composants européens.
- Emplois et compétences : des académies européennes de l’industrie vont voir le jour pour former la main-d’œuvre aux technologies de demain, garantissant des emplois de qualité sur notre territoire.
- Accès simplifié aux fonds : les projets labellisés NZIA bénéficient d’un accès prioritaire aux fonds de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et aux aides d’État simplifiées.
Le NZIA est le signal que l’Europe ne veut plus seulement consommer de l’énergie verte, mais qu’elle veut aussi la fabriquer. En 2026, l’industrie verte n’est plus seulement une question d’écologie, c’est le nouveau terrain de la guerre économique. Pour les chefs d’entreprise, la fenêtre de tir est ouverte : produire propre, produire local, et produire maintenant.